échange scolaire DEU-FRA

En route pour la Normandie !

Déjà en avril 2018, nous avions partagé des moments uniques avec nos hôtes de France. Cette période nous avait marqués, elle nous avait donné de la confiance en nous-mêmes.  

Mais alors, au bout d’une pause de cinq mois, c’était à nous de partir en voyage en France. Déjà au point de rendez-vous devant l’autocar de nuit, nous étions énormément nerveux. Nous étions incapables de garder notre calme. Nous avons encore pris le temps des photos d’adieu et, après, en route pour le long voyage. Notre trajet allait durer au total 20 heures, c’est-à-dire beaucoup de temps pour dormir ou tout simplement pour apprendre par cœur, jusqu’à notre arrivée, quelques listes de vocabulaire !

Nous avons senti toute la nervosité et la tension qui montaient toujours d’un cran après chaque kilomètre parcouru. Personne ne savait, ni ce que nous allions vivre encore, hormis notre agenda bien chargé, ni comment nos familles d’accueil nous recevraient.

Arrivés à Caen, nos amis nous attendaient déjà. Bien que nous soyons arrivés plus tôt que prévu, tout fonctionnait d’une manière merveilleuse. C’est alors que l’aventure allait commencer. Qu’allait-elle nous réserver ?!

Une semaine en France s’ouvrait à nous et sur le programme figuraient l’histoire de la Normandie, Guillaume le Conquérant et l’influence de la Seconde Guerre mondiale sur la région. Cela pourrait sembler ennuyeux – nous le croyions également – mais nous nous étions trompés !

Après la première nuit passée auprès de nos familles d’accueil, la journée a commencé au « Lycée Victor Hugo ». L’immensité de l’enceinte scolaire compliquait l’orientation. Il faut dire que nous sommes habitués à autre chose. Ce qui sautait particulièrement aux yeux, c’était le joli piano au couloir de l’entrée. Quand nous y sommes arrivés, il y avait déjà de jeunes élèves français tentant leur chance à quelques notes de musique. Après un petit-déjeuner copieux et un tour d’horizon relatif à la Normandie qui s’y était enchaîné dans la foulée du matin, nous sommes passés au déjeuner. A ce moment-là, nous avons compris le pourquoi de cette longue queue d’élèves et d’étudiants parqués dans une file d’attente entre un des murs du hall et des barrières ! Heureusement, en tant que « V.I.P. », nous n’étions pas obligés de faire la queue et sommes entrés rapidement à la cantine. En voyant toute cette manne d’élèves qui y mangent quotidiennement, nous étions tous un peu ahuris ! Après la pause, nos Français ont regagné leurs cours et nous, nous sommes allés en bus en ville où un guide touristique nous attendait.

Notre programme s’est achevé sur une petite marche à pied jusqu’au lycée. Sur le chemin, nous avons vu la forteresse du château médiéval et les bâtiments de l‘université de Caen.  Les journées scolaires en France sont particulièrement dures. Il est vrai que l’école ne commence qu’à huit heures et demie, néanmoins elle ne finit qu’à 18h10 quatre jours sur cinq. Par conséquent, nous étions tout simplement exténués et heureux quand nous sommes rentrés à la maison (en bus, en voiture ou à pied).

Le vendredi, nous avons été en cours pour la première fois avec nos correspondants. C’était intéressant de voir combien d’élèves jouaient avec leurs portables, bavardaient ou sortaient tout simplement leur MacBooks. Mais non, non ! Ce n’était pas si grave que cela, mais c’était différent de chez nous d’une manière ou d’une autre. Le prof est debout devant sa classe, il contrôle la liste de présence en citant les noms des élèves et puis il tient son monologue. Tout se passait si vite que nous ne comprenions qu’au bout d’une demi-heure de quoi il était question dans ce cours. Après cet évènement, nous avons été chaleureusement invités à nous rendre au gymnase pour jouer au handball, au volley ou au badminton. Nous avons même convaincu Monsieur Korehnke de garder le but ! C’était vraiment une ambiance détendue et agréable. C’était comme si nous nous connaissions depuis des siècles. L’après-midi, nous nous sommes rendus en autocar à Bayeux, une petite ville normande du Bessin où se trouve la tapisserie la plus longue du monde entier et sur laquelle l’épopée de Guillaume le Conquérant et l’histoire de la Normandie sont représentées.

Cette longue journée s’est achevée et nous avons entamé notre week-end passionnant car la plupart parmi nous avions la ville de Paris programmée sur notre agenda. Il était maintenant temps de vivre ensemble la France et de « troubler » les rues parisiennes !

Mais, naturellement, l’échange tout entier n’a pas uniquement pour but de s’amuser. Un peu de travail y fait aussi partie. 😉 C’est ainsi que nous avons présenté le lundi matin à l’école, avec beaucoup de fougue et d’énergie, nos propres flyers touristiques dont le but était de faire connaître la Normandie à un public plus large. Après le déjeuner, nous nous sommes mis en route, à pied, pour le Mémorial où l’histoire européenne du XXe siècle est présentée dans divers espaces, mais principalement – l’histoire régionale oblige – le débarquement des Alliés le 6 juin 1944 (Jour J) et ses conséquences sur le régime nazi. C’était impressionnant de voir dans quelle mesure l’opération Neptune avait été planifiée et avec quelle précision elle avait été exécutée. Sur ce point, nous pouvons raconter un tas de choses sur l’histoire en général et la Seconde Guerre mondiale en particulier, le conflit entre le Japon et les Etats-Unis ainsi que la Guerre froide dans la seconde moitié du siècle dernier.

Le mardi, l’avant-dernière journée chez nos amis, était susceptible de nous choquer ! Ensemble, nous avons fait un parcours de visite des plages du débarquement, en passant par la Pointe-du-Hoc et le plus grand cimetière militaire américain en France. Cette journée allait nous promettre des moments qui nous feraient comprendre les dimensions désastreuses que cette sale guerre avait eues. La Pointe-du-Hoc avait été une position fortifiée allemande où des échanges de tirs parmi des centaines de soldats avaient fait rage pendant plusieurs journées. Les cratères provoqués par les bombardements alliés sont – 75 ans après – encore visibles aujourd’hui ; comme les blockhaus d’ailleurs qui sont, eux aussi, encore partiellement conservés.

Quand nous avons mis pied dans le cimetière militaire américain, c’était la première fois que tout le monde s’est tu. Ici reposent des milliers de jeunes soldats qui ont fait don de leurs vies dans la lutte contre l’oppression du régime hitlérien. C’est un endroit endeuillé ; des croix blanches, ici et là des étoiles de David blanches ; toutes dans un ordre parfait. Tout avait l’air propre et entretenu. Nous avons lu quelques noms, les dates de naissance et nous avons calculé pour connaître l’âge qu’ils avaient en 1944 …

Nous pouvons nous considérer comme chanceux d’être nés dans un monde paisible où l’on respecte l’autre.

Je crois que le courage est le terme approprié pour désigner les qualités qui ont caractérisé tous les participants de l’échange. Cette occasion particulière qui nous a été offerte nous marquera. Nous avons pu faire des expériences formidables, nous avons renforcé notre confiance en nous et nous avons vécu la diversité !

Willem Smakmann (11.6)

Traduit par D. Korehnke

Corrigé par S. Descamps